Bizarrement, ce polar italien m'a laissé un sentiment mitigé car, si je l'ai trouvé alléchant par certains côtés, il est trop banal par d'autres.

Le décor en est la ville de Turin, animée par les Jeux Olympiques d'hiver de 2006. Sauf que nous sommes privés des épreuves sportives car l'auteur nous montre uniquement les Nuits Blanches, ces fêtes qui jalonnent les nuits turinoises pendant cette période. Enfin, en fait de fêtes, nous avons surtout droit à des mouvements de foules sous les lumières et le bruit. Un peu superficiel...

D'une manière fort peu subtile, l'auteur insiste sur le contraste entre cette fête olympique et les bas-fonds de Turin. Il s'attache à décrire le monde des SDF, la drogue, la prostitution, le tout par touches trop légères, bien loin d'une analyse sociale intéressante. Il tente de nous faire partager les sentiments de ces exclus ainsi que les motivations plus ou moins claires des travailleurs sociaux sur le terrain mais, franchement, je suis restée totalement en dehors.

La narratrice, psychologue reconvertie en détective spécialisée dans la recherche des personnes disparues, présentait un certain potentiel. Hélas, son enquête suinte l'amateurisme et avance à grands coups de hasard et d'intuitions qui manquent de crédibilité.

Quant à l'écriture proprement dite, l'auteur nous offre un récit totalement linéaire dans un style plutôt ordinaire qui m'a laissée froide.

Bref, le lecteur risque fort de se sentir frustré par cette histoire qui aurait pu se révéler bien plus passionnante.

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La dernière nuit blanche - Alessandro Perissinotto
(2010 - Gallimard série noire - 256p)